La Coupe de Suisse est revenue pour la onzième fois en terre valaisanne. Pour les supporters, cela a été la nuit la plus longue.
Mercredi soir, il fallait être sourd, à Sion, pour ignorer que la Coupe de Suisse était de nouveau valaisanne!
«C'était la même ambiance que lors de la Coupe du monde, avec les voitures et les klaxons», relate Marguerite, habitant au centre de Sion, qui a décidé de prendre des somnifères pour passer une nuit paisible. Car, dès 22 h 30, les fans ont envahi les rues pour marquer leurs allégresses sportives. Un feu qui devient brasier dès l'arrivée, à 1 h 56, du premier train de supporters au retour de Berne.
Treize victoires?
Telle une masse de lave rouge et blanc, les fans du FC Sion remontent l'avenue de la Gare pour une éruption de joie. Les forces policières sédunoises se montrent discrètes. «Pourtant, tout le monde est sur le terrain», assure Marcel Maurer, président de la Ville de Sion.
A 2 h 10, il faut déjà prendre une tronçonneuse pour avancer sur la Planta, la fameuse place qui a déjà couronné les dix sacres précédents. «Ils ont gagné et personne ne sait pourquoi», relève Pascal, un fan qui totalise six finales, dont une, en 1980, où il s'est rendu à Berne en patins à roulettes. Pascal qui a une théorie sur les victoires du FC Sion. «On va encore gagner deux fois, soit treize comme les étoiles du drapeau valaisan. Après, ce sera fini...»
Arrivée vers 3 heures
On approche de 3 h du matin. «Avant, c'était entre 20 et 22 h que cela se passait. Si c'était un test au niveau de la popularité, il est réussi!» appuie Pascal. Marcel Maurer n'en revient pas. «C'est avec la force de la volonté qu'on a arraché cette victoire! Elle n'est en rien rationnelle et ça passe!» Pas moins de quatre caméras et six photographes attendent les héros de la soirée. A 2 h 55, Christian Constantin apparaît le premier sur la place de la Planta avec des confettis dans les cheveux. Il a remonté avec son équipe l'avenue de la Gare dans un bus à impériale qui avait, en figure de proue, le fameux Scratch de «L'âge de glace». Oui, l'écureuil qui collectionne les glands. Le gland suprême, c'est la Coupe de Suisse, que dès 3 h tout le FC Sion brandit en sautillant devant au moins 10 000 adeptes.
Dans les bistrots, les drapeaux valaisans sont agités devant les comptoirs. Au Grand-Pont, les fans font la queue pour avaler les premiers croissants. Jeudi, vers midi, chacun refait le match. «On les a laissés croire qu'ils pouvaient gagner à la mi-temps et après on est sorti du bois», assure ce stratège à l'heure de l'apéro.
Nicolas Jacquier Le Matin