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Le français est obligatoire

Dans la classe de Josiane Nicolet, on reconnaît notamment (de g. à dr.) Mijadinoski, Kali, El-Hadary, Beto, Vanczak, Grosicki et Carlos Armua, préparateur physique.Image © Isabelle Favre En Valais, une classe spéciale a été créée afin de favoriser l'intégration des pros du ballon. Chaque mardi, les étrangers non francophones du club valaisan retournent sur les bancs d'école pour y apprendre notre langue.

Elève Grosicki, au tableau noir! Cette classe un peu particulière - où Josiane Nicolet y enseigne le français - est celle du FC Sion. Elle est composée des étrangers du club ne s'exprimant pas dans notre langue. Compte tenu des origines variées et des différentes ethnies qui y sont représentées, la classe ne manque pas d'élèves...

«Ces cours de français sont obligatoires, détaille Domenicangelo Massimo, à l'origine du projet. Les joueurs concernés ont le devoir d'y assister. C'est quelque chose que le club a exigé pour faciliter leur intégration...»

A raison de... 90 minutes par semaine, le mardi, les cours se donnent à Martigny, dans une salle de «la Porte d'Octodure», transformée pour l'occasion en classe. «C'est l'école qui se déplace. Les élèves ont reçu un bouquin en début d'année. Ils ont même des devoirs.» L'absentéisme y est rare et les progrès, chez les plus appliqués, seraient fulgurants. «Vanczak est l'un des meilleurs élèves, reprend le directeur général du FC Sion. Avant, je parlais anglais avec lui. Aujourd'hui, tout se passe en français. Obina (Nwaneri), notre nouveau capitaine, s'adresse déjà aux arbitres.» Dernier arrivé, l'Egyptien El-Hadary n'est pas le moins assidu. «Il arrive même une demi-heure avant le début du cours pour combler son retard.»

Venant d'horizons différents, les étrangers du FC Sion non francophones bénéficient d'un enseignement sur mesure, axé sur un langage commun. «A la demande de l'entraîneur, les joueurs apprennent en priorité des expressions basiques liées au football: «laisse», «montez, les gars», «à gauche», etc.».

L'examen pratique a lieu chaque week-end. Le prochain aura lieu ce samedi sur la pelouse de l'Espenmoos. Sion aura-t-il la moyenne... anglaise?

Josiane Nicolet: «Ils seront promus!»

«C'est une classe sympa et attachante, qui participe bien...» Professeur de français à l'école Club-Migros de Martigny, Josiane Nicolet est en charge d'apprendre la langue de Molière à sa classe d'élèves... sportifs. «Entre ceux qui viennent d'arriver et ceux qui sont là depuis plusieurs mois, convient-elle, il y a plusieurs niveaux de compréhension. Le but prioritaire de ce type de cours, c'est que ceux qui le suivent puissent s'entendre et communiquer entre eux dans le cadre de leurs activités professionnelles sur le terrain.»

Pour la première fois de carrière, Madame Nicolet enseigne à des footballeurs «transférés» sur des bancs d'école: «Je commence à aimer le foot. On porte un autre regard sur un match lorsque l'on connaît ceux qui jouent.» Avant de «coacher» la classe étrangère du FC Sion, l'institutrice avait déjà travaillé avec des hockeyeurs.

A Martigny, chahute-t-on dans les rangs de la classe aux 13 étoiles? Y a-t-il des élèves dissipés? «Il y en a toujours qui apprennent plus vite et mieux que d'autres, répond Josiane Nicolet. C'est comme dans la vie.» Mais pas de mauvaise surprise de ce côté-ci au moins. «A la fin de l'année, ils seront tous promus, ils passent tous en deuxième année!»

Nicolas Jacquier
Le Matin
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