Des milliers d'anonymes, tous fiers d'être Valaisans, ont attendu, puis fêté jusqu'au bout de la nuit ce onzième succès d'affilée en finale. Communion autour de la coupe.
Tous les parents ont envie d'offrir des moments fabuleux à leurs gosses. Le retour des joueurs de Berne faisait sans nul doute partie de ces instants incroyables. Sans hésitation, on a rejoint à 23 h 30 les quelques centaines des supporters déjà réunis sur la Planta. L'ambiance est calme, on peut encore s'asseoir sur la terrasse du restaurant d'à côté qui n'a pas fermé ses portes. Même la serveuse débordée affiche un sourire jusqu'aux oreilles. «On sera là jusqu'à 4 heures, je suis contente de participer», relève-t-elle. Un couple de retraités sirote son verre, avec un air de contentement béat. «Ce n'est pas possible de gagner onze fois de suite, on dira ce qu'on voudra, il y a de la magie dans l'air.» Le duo n'a pas tort. La place se colore de rouge et blanc. Vers 1 heure du matin, les barrières sont posées par la police municipale devant la scène. Tant qu'à être là, autant s'approcher au maximum. Il était temps, le premier rang est bientôt compact. Il va falloir défendre sa position tout en élaborant une solution stratégique de repli en cas de bousculade. C'est simple, les enfants ramperont sous le podium et s'échapperont. Ces craintes maternelles devant un tel rassemblement sont vaines.
Même à 3 heures, la pression est supportable. Les spectateurs n'arracheront par leur maillot aux héros enfin en chair et en os. Leur arrivée fait exploser tout niveau sonore acceptable mais aussi l'applaudimètre. L'entraîneur Didier Tholot qui foule le premier les planches a l'air très ému. Les milliers de fans hurlent son nom, lui les regarde presque fixement. Les coeurs s'emballent. La coupe est brandie. On exulte, on rit, on pleure, on tente d'attraper quelques confettis dispersés par El-Hadary. Marcel Maurer, président de la ville, comprend que les mots sont inutiles. Il lance une phrase de félicitations et disparaît. La foule chante, scande les noms lancés par Didier Crettenand et rigole. Là, au milieu de la nuit, qu'il était bon d'être ensemble et Valaisan.
Nicolas Jacquier Le Matin