Le Tribunal cantonal vaudois n'entend pas laisser l'UEFA continuer à ignorer ses ordonnances. La juge Dominique Carlsson a mis l'instance européenne à l'amende à compter de mercredi et a réitéré ses injonctions demandant la réintégration immédiate du FC Sion en Europa League, annonce le club dans un communiqué.
La cour juge les arguments de l'UEFA dépourvus de toute consistance, déclare le FC Sion. Dans son communiqué, ce dernier explique que le Tribunal du canton de Vaud a mis à l'amende l'organe faîtier du football européen à compter de mercredi, à raison du montant maximal prévu par la loi (1000 francs par jour). Et ce tant que les mesures exécutoires prononcées par la juge Dominique Carlsson le 27 septembre, exigeant la réintégration immédiate du club en Europa League, ne seraient pas appliquées.
Sommée de communiquer au FC Sion lundi dernier les scénarios envisagés pour sa réintégration immédiate, l'UEFA s'était contentée de proposer plusieurs variantes qui ne prévoyaient pas de match avant le 24 novembre, dans l'espoir que le TAS rendrait d'ici là son jugement sur le fond de l'affaire.
"La Cour civile note qu'elle ne voit aucune justification au fait qu'il faille attendre un verdict du Tribunal arbitral du sport pour exécuter la décision du 27 septembre", poursuit le club. Car le tribunal estime en effet que "cet argument est dépourvu de toute consistance, dans la mesure où une association de droit privé n'est pas recevable à exciper (ndlr: soulever une exception en justice) de son organisation interne pour se soustraire à l'injonction du juge", écrit la cour vaudoise, citée par Sion dans son communiqué.
En d'autres termes, la justice civile et étatique prime sur la justice sportive et privée. Cette nouvelle mesure prise par la juge Carlsson intervient la veille de la comparution devant le procureur général du canton de Vaud du président de l'UEFA Michel Platini et de son secrétaire général Gianni Infantino. Les deux hommes doivent répondre aux questions d'Eric Cottier dans le cadre d'une plainte pénale déposée par le FC Sion à leur encontre.
Michel Platini sera entendu à 09h00 et Gianni Infantino à 10h30, certainement dans les bureaux du procureur. Christian Constantin et ses avocats participeront à cette audience, a confirmé le président du FC Sion.
L'UEFA a accusé réception de cette nouvelle injonction. Elle s'est trouvé des alliés de circonstances, puisque les quatre équipes du groupe I de l'Europa League - Udinese, Rennes, Atletico Madrid et Celtic Glasgow - ont fait la demande au TAS de pouvoir se constituer parties prenantes dans cette affaire, puisqu'une réintégration de Sion impliquerait d'importants changements dans leurs calendriers.
L'UEFA a du coup organisé une réunion prévue vendredi avec les quatre équipes. "L'UEFA estime qu'un changement dans le format de l'Europa League nécessite une discussion avec les autres équipes du groupe qui sont touchées par cette affaire", lit-on dans un communiqué de l'instance, laquelle pense toujours que le refus du club valaisan de s'en remettre au TAS constitue une obstruction à la justice.
Mais l'organisation de cette séance informelle pourrait être le signe que Nyon commence de se préparer au pire... Le manager du Stade Rennais, Pierre Dreossi, s'est montré réfractaire à l'idée d'une réintégration de Sion dans le groupe I, dans une interview à "L'Equipe". "Jouer des matches supplémentaires, cela me paraît exclu. D'ailleurs, je ne vois honnêtement pas à quelle date on pourrait les caser." L'Atletico Madrid s'est lui refusé à tout commentaire "jusqu'à ce que le TAS puis l'UEFA se soient prononcés sur cette affaire".
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