Le boss valaisan a chiffré le montant de la casse provisoire à plus de 12 millions de francs. Le président du FC Sion va ouvrir une procédure contre l'ASF pour obtenir d'éventuels dommages et intérêts. Un sponsor est prêt à financer l'engagement... d'arbitres étrangers!
«Aujourd'hui, je suis volé par les arbitres. Or je ne veux pas continuer à être lésé. Pour me protéger, je suis obligé d'ouvrir des actions...» Cette semaine encore, Christian Constantin alertera l'Association Suisse de Football (ASF) en lui envoyant le best of des «fautes non sifflées contre Sion». Avec une question à... 8 points: «Comment l'ASF compte-t-elle réparer les erreurs des arbitres qu'elle désigne?» Dans sa croisade contre certains arbitres - tous ne sont pas concernés -, le patron du FC Sion entend agir sur trois fronts distincts:
En vue de chiffrer le montant des - éventuels - dommages et intérêts auxquels il pourrait prétendre à la fin de la saison, Christian Constantin est en train d'établir une expertise provisoire du préjudice déjà subi. «Si Sion ne devait pas terminer européen, qui en serait responsable? Les arbitres devront payer le prix de leurs erreurs, au même titre qu'un médecin qui loupe son opération. Dans la question des dommages et intérêts prévalent les règles de l'art. Sur une action précise, un autre arbitre aurait-il pris la même décision? Si la réponse est oui, on laisse tomber. Si la réponse est non, on peut évaluer le montant de la casse.» Dans cette optique-là, quelle serait la valeur du point? «Environ 900 000 francs, répond notre interlocuteur.» Et comme Sion en a (aurait) perdu 8 par la faute des arbitres selon son président, le calcul est vite fait. «Si le championnat se terminait aujourd'hui et que Sion ne disputait pas la Ligue des champions, on pourrait réclamer entre 12 et 15 millions de francs, sachant qu'un club suisse à 40% de chance d'accéder aux poules.»
Parallèlement à cette démarche, le boss de Tourbillon aimerait «transférer» 5 arbitres étrangers, et affilier ceux-ci à des clubs suisses. «J'ai trouvé un sponsor prêt à financer l'opération et à payer le salaire (n.d.l.r.: environ 120 000 fr. par an) de ces arbitres pendant 2 ans, expliquait-il hier soir, après avoir quitté le plateau de la TSR. Cela permettrait de régler le problème des effectifs et... de la compétence. Avec des arbitres neutres, il y aurait moins de doutes. Il ne faut pas croire que tous les arbitres sont des curés sous prétexte qu'ils enfilent un maillot noir! Il n'y aurait plus la suspicion de la barrière de rösti.»
Dans l'affaire Inler, dont l'agression sur Carlitos, non sanctionnée par M. Circhetta lors du dernier match contre le FC Zurich, est restée impunie, le FC Sion a officiellement demandé l'ouverture d'une enquête auprès de la Commission de discipline (auprès de laquelle il a dénoncé le cas). Le club valaisan et son président se réservent le droit de porter l'affaire devant un tribunal civil, en déposant plainte pénale pour lésion corporelle.
Le débat est lancé. Il promet d'être animé.
Le Matin TSR 19:30 Christian Constantin déplore les fautes d'arbitrage
TSR 19:30 interview d'Edmond Isoz, directeur de la Swiss Football League