Renvoyé aux vestiaires après avoir trop fêté le seul but de la partie, le revenant vaudois a vécu une soirée peu banale. Métamorphosé, Sion, lui, aurait largement mérité d'égaliser
«Il faudrait un miracle pour que Sion gagne un match!» avait proclamé samedi dernier Christian Constantin après le triste spectacle proposé contre Lucerne (1-1). Il n'y a certes pas eu de miracle pascal, mais c'est un tout autre FC Sion qui est sorti cette fois du terrain, battu 0-1 par le FC Zurich alors même que le pensionnaire de Tourbillon aurait mérité un point au vu de ce que fut sa riche domination en deuxième période. Hélas pour lui, Leoni mit plusieurs fois son veto alors que le malheureux Vanczak manqua - mais comment s'y est-il pris? - deux ballons immanquables de 1-1 dans les arrêts de jeu. Plus conquérant, plus agressif, plus inspiré, ce Sion-là n'avait rien à voir avec la fantomatique équipe de samedi. Manifestement, l'énergique mise au point présidentielle a porté ses fruits. A l'arrivée pourtant, le club sédunois n'a que les yeux pour pleurer. Et constater le retour en force du FC Lucerne, son prochain adversaire pour une place en finale.
Règlement suivi à la lettre
Si Sion commence à dangereusement sentir le boulet de la barre se rapprocher, il le doit à Xavier Margairaz, héros malheureux des visiteurs. Le No 5 se fit certes l'auteur de l'unique but de la soirée, mais il fut renvoyé dans la foulée aux vestiaires par l'arbitre! Son crime? Après quatorze mois de galère, le Vaudois commit celui d'avoir été manifesté sa joie en s'agrippant trop joyeusement aux grillages, sous les yeux des supporters zurichois. Un geste répréhensible aux yeux de M. Bertolini, aussitôt sanctionné d'un deuxième carton jaune synonyme d'expulsion pour le revenant, dont c'était la première titularisation. En matière de psychologie, M. Bertolini n'a pas dû suivre tous les cours, lui qui s'est contenté d'appliquer le règlement à la lettre. «Sur le moment, devait raconter l'expulsé, je suis devenu fou. Je rêvais de ce retour depuis tellement longtemps. J'étais dans un état second d'euphorie. Tout est sorti. L'arbitre a appliqué le règlement. J'aurais préféré qu'il réfléchisse.»
Zermatten frustré
A 0-1 mais à 11 contre 10, un tout autre match commença. Zurich perdit alors de sa superbe, Sion se lâcha, jouant l'offensive à fond (entrée de Reset et de M'Futi). En pure perte. D'où l'immense frustration de Christian Zermatten: «Contre Lucerne, on joue mal mais on prend au moins un point. Là, on joue bien mais l'on fait zéro point. Le spectacle n'est pas toujours compatible avec le résultat.» Au vu de ce qu'il a démontré, Sion a cependant prouvé qu'il avait les moyens d'aller valider à Lucerne son ticket pour une onzième finale. «Ce n'est pas le moment d'enterrer les joueurs. L'heure est à la mobilisation.» Peut-être la scoumoune lâchera-t-elle les Valaisans au bord du lac des Quatre-Cantons. Zermatten de volée: «Se créer des occasions reste le meilleur moyen de savoir si l'on peut marquer des buts.»
Ces buts-là, au moins un, sont attendus dans trois jours...
Tourbillon, 10 000 spectateurs.