Avec l'Egyptien El Hadary, c'est une icône qui a débarqué en Valais. Pascolo considère son rôle comme celui d'un sculpteur: «Avec Essam, la pièce est terminée, on fait du polissage», explique-t-il
Présenté comme le Buffon africain, Essam el-Hadary est le nouveau gardien No 1 du FC Sion. En Valais, point de chute et de départ de sa carrière européenne, le portier des Pharaons a plongé dans un nouveau monde, découvert aussi une mentalité et des méthodes d'entraînement différentes. A Tourbillon, El Hadary travaille sous la direction experte de Marco Pascolo. Reconverti entraîneur des gardiens du FC Sion, comment l'ancien portier international juge-t-il son nouveau protégé égyptien? Comment gère-t-il la concurrence des gardiens dans ce tourbillon de changements volants? Pascolo ne laisse filer aucune question. La preuve.
Marco Pascolo, que diriez-vous de l'apport d'un gardien comme El Hadary?
Il est prématuré de porter des jugements définitifs. Ce qui m'impressionne déjà le plus chez lui, outre ses qualités intrinsèques, c'est son extraordinaire charisme et son état d'esprit. Se remettre en question à 35 ans quand on a le palmarès qui est le sien, chapeau! Il faut bien se rendre compte qu'El Hadary, c'est une icône dans son pays. Son comportement rejaillit sur tout le groupe, c'est une plus-value pour nous tous. Cela dit, Essam n'a que peu joué ces derniers temps par la force des choses, il manque encore de repères.
En quoi est-il différent d'un gardien «européen»?
Par rapport à son vécu africain, il n'a pas la même culture, ni la même approche. Il n'est pas formaté, il est plus instinctif. On ne va pas en faire un gardien européen ni le transformer. Il doit jouer avec ses forces. Ce serait une erreur que de chercher à lui inculquer un style qui ne lui convient pas. Quand on a remporté trois Coupes d'Afrique des nations et disputé plus de 600 matches de 1re division en Egypte, c'est que l'on possède une certaine expérience et que l'on n'est pas un rigolo, non?
Est-ce à dire que votre travail est plus limité?
J'agis un peu comme un sculpteur devant un bloc de granit, sauf que dans ce cas présent, la pièce est déjà terminée. On fait du polissage. A 35 ans, Essam a acquis des réflexes que l'on ne peut pas changer comme on le ferait chez un jeune gardien encore en formation.
Entre vous, comment passe la communication, compte tenu de l'obstacle de la langue?
Son anglais n'est pas idéal, c'est vrai. Mais l'on réussit déjà à mieux se comprendre. Le problème est plus aigu avec ses défenseurs, en situation de jeu. Raison pour laquelle l'on a convenu, en matches, de codes simples, compris de tous. Plus les joueurs réussiront à créer des automatismes et moins ils éprouveront le besoin de se parler.
Après Vailati, Gonzalez... Après Gonzalez, El Hadary... Comment gérer ce défilé permanent au quotidien?
A l'entraînement, j'ai 4 No 1. Mon but, c'est de mettre chacun dans les meilleures dispositions possibles, sachant qu'un seul aura droit à la récompense du match. Chacun d'entre eux peut grandir au contact des trois autres.
De tous les gardiens qui se sont succédé dans la cage du FC Sion, lequel est finalement le vrai No 1?
C'est chaque fois celui qui joue! (Rires.)