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«Le travail finit par payer»

Le gardien sédunois a été le héros de la demi-finale de coupe de Suisse Lucerne-Sion, lundi soir, à l’Allmend. Il revient sur cette folle soirée et évoque la suite de la saison.

Mardi soir, 23 heures et des poussières, stade de l'Allmend. Campé le but, les supporters valaisans dans son dos, Nicolas Beney s'apprête à entrer en scène à l'occasion des tirs de penalties du match Lucerne-Sion, qualificatif pour la finale de la coupe de Suisse du 20 mai prochain, à Berne. Premier à s'élancer, Gajic trouve le coin droit. 1-0 pour Lucerne. Deuxième tireur, Obradovic égalise pour Sion (1-1). S'avance Paiva côté Lucerne. Magnifique, Nicolas Beney stoppe l'envoi du Lucernois, puis récidivera superbement sur le tir suivant de Pacar. Fermino, pour le 2-1, Afonso pour le 3-1 et Paito pour le 4-2 - Renggli avait entre-temps marqué - terminent le travail. Dans le vestiaire, une quinzaine de minutes plus tard, ses coéquipiers accueillent le héros de la soirée en scandant son nom et en entonnant sur la célèbre mélodie de «Il est vraiment phénoménal» la phrase «On est on est, on est on est, on est en finale, la-la-la-la-la-la...». Non. Les joueurs sédunois ne rêvaient pas. En finale, ils étaient bel et bien. Et Nicolas Beney y était pour beaucoup. On imagine aisément le retour de Lucerne dans le car, tard dans la nuit, les quelques heures de sommeil, difficiles à trouver sans doute, le réveil, mardi matin. «Quand on rentre de la Suisse alémanique, c'est évidemment toujours mieux si on a gagné», confie le gardien du FC Sion avec le recul. «Celui-ci a été sympathique. On est arrivé à Sion vers 3 heures du matin. On dit souvent qu'après le match c'est avant le match. L'adrénaline était encore très présente. La nuit a été courte. Dans ces cas-là, on trouve difficilement le sommeil. Pour mon compte, je n'ai guère dormi plus de 3 ou 4 heures. Ce matin (réd: hier), je me suis levé vers 9 heures, puis il y a eu le décrassage d'après-match et la présentation du nouvel entraîneur. Maintenant, je n'ai qu'une envie: passer quelques heures en famille, avec mes enfants.» Accordé Nicolas. On est mardi après-midi, 17 heures, à la rédaction sportive du «Nouvelliste». Interview.

Nicolas Beney, j'imagine que la salve des penalties a défilé longuement dans votre tête après le match?

Une fois dans le car, je vous avoue que je n'y ai plus spécialement pensé. Plus qu'à mes arrêts, j'ai surtout pensé à la joie de l'équipe après le dernier penalty de Paito, à celle du public aussi, que je remercie d'ailleurs. Quand on joue un match important comme celui-là à l'extérieur, cela fait chaud au coeur de voir autant de supporters et de les entendre. L'accueil des joueurs dans le vestiaire après le match a été un grand moment d'émotion aussi. Mais je n'ai pas gagné cette rencontre tout seul. L'équipe a fait preuve de sérénité, de calme. Les frappeurs (réd: de penalties) ont été excellents. Nos défenseurs et demis aussi. Chaque joueur a réussi son match. C'est une victoire d'équipe qu'on a obtenue à Lucerne.

Avec le recul, comment appréciez-vous votre performance personnelle et vos deux arrêts décisifs?

Les penalties, on les a beaucoup travaillés ces dernières semaines. Souvent, on terminait les entraînements par cet exercice. Les jours qui ont précédé le match, on les a encore beaucoup exercés. Un match de coupe peut se jouer aux penalties. Il fallait être prêt. Dans ces moments-là, un gardien doit être déterminé, mais aussi très calme. Je l'étais. Il doit aussi avoir un brin de réussite. Avant de commencer, tout le groupe était confiant. Cela nous a beaucoup aidés.

Vous avez dit deux fois non aux tireurs de Lucerne?

Après avoir arrêté le premier, je me suis dit qu'il fallait à tout prix arrêter encore le suivant, qu'avec deux penalties d'avance, c'était gagné. J'ai attendu le dernier moment avant de plonger. Ce deuxième penalty, c'est le fruit de tout letravail effectué avec MarcoPascolo.

Ce matin (réd: hier matin), vous avez eu l'habituel décrassage d'après-match. J'imagine que vous avez encore parlé de cette rencontre?

Un peu oui, mais sans plus. Personnellement, j'ai revu à la télévision les deux buts et le deuxième penalty que j'ai arrêté. Notre but était magnifique. Celui de Lucerne aurait pu nous faire très mal, mais l'équipe a bien réagi.

«Le FC Sion, c'est le club de mon coeur»

La qualification pour la finale, vous l'aviez déjà vécue avec Wil en 2004. Quelle différence y voyez-vous avec celle-ci?

Avec Wil, c'était le petit contre le gros. On s'était déplacé à Saint-Gall, un club qui n'était pas comparable avec le nôtre au niveau du budget, des ambitions et de son histoire. On avait gagné 2-1. C'était la grosse surprise. Sion, c'est... Sion. On ne peut pas comparer avec Wil. Mon parcours n'était pas le même non plus. A Wil, j'étais titulaire. Blessé, je n'ai malheureusement pas pu jouer la finale. A Sion, je ne me sernières semaines. C'est le club qui m'a redonné une chance. Avant de revenir en Valais, j'ai vécu une période d'instabilité sportive. J'ai connu le chômage. J'ai même dû retourner vivre chez mes parents. Je m'étais donné jusqu'en 2007 pour retrouver un club ou j'arrêtais le football. Sion est venu me chercher. C'est le club de mon coeur. Cette qualification a une toute autre signification pour moi.

C'est une jolie revanche sur une carrière qui a eu des hauts et des bas?

C'est ce qui me fait dire qu'il ne faut jamais baisser les bras. J'ai toujours eu en moi la motivation et la conviction que j'allais retrouver un club. Je me suis toujours investi à fond pour cela, avec l'aide de ma famille et de mon entourage. Ce que je vis aujourd'hui, c'est la preuve que le travail finit toujours par payer.

Vous devez beaucoup à Marco Pascolo?

Dans ma carrière, j'ai toujours bénéficié d'entraîneurs de qualité. Marco, je le connais depuis longtemps. J'ai joué contre lui. Je dois beaucoup au travail qu'on fait ensemble.

Comment voyez-vous la suite de la saison?

La coupe doit être mise provisoirement de côté. La priorité va maintenant au championnat. Samedi, on va à Zurich. On doit se préparer pour aller chercher quelque chose là-bas. Il nous reste neuf matches de championnat jusqu'à la fin de la saison. On doit les prendre les uns après les autres et tout mettre en oeuvre pour les gagner. Il n'est pas question de tomber en LNB. Ce n'est pas dans nos plans. La coupe viendra au moment venu.

En finale, vous préférez Young Boys ou Bâle (réd: le match se jouera demain soir au stade de Berne)?

Je n'ai pas de préférence. En 2006, Sion a battu Young Boys chez lui. J'étais dans les tribunes. Je suivrai sûrement le match à la télévision, mais ça m'est égal qui va le gagner.

Ce matin, vous avez fait connaissance de votre nouvel entraîneur, Didier Tholot. Quelle impression vous a-t-il faite?

On ne s'est vu qu'un tout petit moment. Je ne peux pas dire grand-chose. J'ai joué avec Sion contre Tholot lorsqu'il était à Bâle ou à YB, mais je me souviens surtout de lui lorsqu'il était à Bordeaux. Il a fait partie de la grande épopée des Girondins. Je le connaîtrai mieux dans quelques jours.

GéRARD JORIS
Le Nouvelliste
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