Tandis que la Swiss Football League ouvre une procédure contre ses six sans-papiers, le FC Sion obtient une ordonnance d'exécution contre l'UEFA. Explications.
Fidèle à ses habitudes, l'imbroglio FC Sion contre les instances du football mondial a accouché d'un vendredi particulièrement agité. Premier acte, la Swiss Football League - si discrète depuis les errances de son président Thomas Grimm - tente de reprendre la main par l'intermédiaire de sa commission de discipline. Elle annonce l'ouverture d'une procédure contre les six recrues estivales du FC Sion, fautives d'avoir «déposé une action au fond devant le Tribunal de Martigny».
«La démarche est tout à fait logique du moment que l'action au fond s'est substituée le 30 septembre aux mesures provisionnelles, précise Roger Müller, responsable de la communication à la SFL. Les contrats des joueurs renferment des clauses d'arbitrage qui les obligent à se retourner vers le TAS en cas de litige. Leur action présente donc une infraction présumée des statuts qui impliquent une procédure.»
Une contre-attaque institutionnelle qui provoque l'ire du président Constantin. «Ces messieurs relancent leur action entamée à Bâle dans des conditions scandaleuses. Cela devient absurde. Ils déclenchent un incendie et débarquent avec une citerne de pétrole pour l'éteindre. C'est vite vu, on avait renoncé après l'épisode de Bâle à déposer une plainte pénale. Je pense que nous allons revenir sur cette gentillesse.»
Un commissaire à l'UEFA?
Autre dossier chaud, la juge Dominique Carlsonn a ordonné à l'UEFA d'informer d'ici à lundi midi comment elle comptait réintégrer le FC Sion en Ligue Europa. Une façon de mettre la pression sur l'instance faîtière du football européen qui s'était déclarée mardi «incompétente» pour honorer cette décision. «La juge exige une prise de position pour lundi midi, résume Constantin. C'est sa façon de dénoncer l'inaction des dirigeants européens.»
Si toutefois l'UEFA continuait à nier les sommations de la justice civile, la magistrate vaudoise pourrait très bien nommer un commissaire, chargé de se rendre à Nyon pour faire exécuter sa décision (art. 69. C Code civil). Une forme de tutelle qui aurait alors des allures de camouflet pour la grande maison du foot européen.
Christian MaillardLe Matin