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Et revoici Boubou Richard

Jean-Claude Richard joue une fois encore les sauveurs. Il sera en place au moins jusqu'à Noël. HOFMANNUli Stielike parti, Christian Constantin a fait appel, entre autres, à l'incontournable Jean-Claude Richard pour le dépanner. C'est la cinquième fois en quatorze ans que l'ancien joueur et entraîneur du FC Sion vole au secours de l'équipe.

Allo, Boubou (avec l'accent octodurien)? Ici, c'est CC. Tu as sûrement entendu que j'avais viré l'entraîneur. Je suis un peu dans la m... comme on dit. Comme d'habitude, j'ai besoin que tu me dépannes. Tu acceptes?

- Ben (avec l'accent sédunois ou franc-comtois), faudra bien. J'arrive.

Cette conversation, fictive ici, bien sûr, Boubou Richard l'a déjà entendue plusieurs fois. C'est aussi, grossièrement caricaturé, celle qu'ont entretenue les deux hommes, le lundi 3 novembre dernier, quelques minutes après que l'entraîneur Uli Stielike eut refusé de poursuivre sa mission sous le contrôle du président Christian Cons-tantin.

«Tous les lundis matin, nous avons une réunion des entraîneurs des espoirs et des juniors avec Christian Zermatten (réd: le chef technique de la coordination du centre de formation et entraîneur des espoirs avec Claude Mariétan, depuis peu, et Jean-Claude Richard)», confie Boubou. «Christian Constantin s'est entretenu vers 8 h 30 avec Uli, qui a refusé l'offre qu'il lui a fait. Il est venu alors vers nous et nous a demandé à tous les trois (réd. Christian Zermatten, Jean-Claude Richard et José Sinval, l'entraîneur avec Charly Roessli des moins de 18 ans) de prendre sa place. On lui a dit oui ensemble.» Voilà, en quelques mots, comment s'est formé le triumvirat qui a succédé à Uli Stielike et que Christian Constantinentend maintenir en place jusqu'à la pause de Noël.

Boubou, pour la énième fois, vous venez au secours de Christian Constantin. Qu'est-ce qui vous a fait lui dire, encore une fois, oui?

La situation n'est pas la même. Les autres fois, j'avais été appelé comme entraîneur. Je dirigeais l'équipe. Cette fois, je viens surtout pour donner un coup de main à Christian Zermatten. Il fallait faire dans l'urgence. Comme on était deux entraîneurs à la tête des espoirs, je pouvais partir. Je suis l'employé du président, donc à sa disposition. Pour moi, il n'y a pas de problème à cela.

Les autres fois, vous étiez venu souvent pour une longue durée, cette fois pour dépanner. Vous le faites toujours avec le même enthousiasme?

Absolument. Le football, c'est ma passion. L'âge ne l'a pas entamée. Mais j'ai évolué. Aujourd'hui, je prends du recul. J'analyse les choses différemment, plus tranquillement, avec moins d'excitation. L'équipe d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celle que j'entraînais il y a dix ou douze ans. Elle est très composite, beaucoup plus difficile à gérer. Entraîner cette équipe tout seul serait, aujourd'hui, tout simplement impossible. Ceci dit, tout se passe bien avec les joueurs.

Comment vous êtes-vous répartis les tâches entre vous trois?

Avec José (réd: Sinval), on est les assistants de Christian Zermatten. José s'occupe spécialement des attaquants, Christian et moi du reste de l'équipe, mais c'est Christian qui prépare les entraînements.

Préparer l'équipe, mais pas la faire, c'est un peu frustrant, non?

On connaissait la donnée depuis le début. On discute tous ensemble et on décide. Avant le match contre Bellinzone, nous avons défini une stratégie. Sans le penalty bête de la dernière minute, elle aurait tenu.

Travailler avec Christian Constantin, c'est plus facile ou plus difficile qu'avec un autre président?

J'ai connu l'époque André Luisier. Il ne se mêlait jamais de la préparation et de la composition de l'équipe. Christian Constantin s'est toujours impliqué. Il demande qui va jouer et comment on va jouer. Il connaît le foot.

Samedi, après le match contre Bellinzone, vous avez dit que le moment était venu de préciser les rôles de chacun. Qu'avez-vous entrepris concrètement?

Dans la tribune, Christian Zermatten était un peu dans l'ombre à Bellinzone. Il reviendra sur le devant de la scène contre Vaduz. Il sera sur le banc, avec moi et Frédéric Chassot. En fait, il jouera cette fois le rôle de l'entraîneur. Si des décisions doivent être prises pendant le match, on les discutera tous les trois ensemble. Avant le match et à la mi-temps, en revanche, ce sera Christian Constantin qui parlera.

Qui fera l'équipe, samedi?

Christian Constantin, c'est clair.

Stéphane Fournier
Le Nouvelliste
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