Le patron du FC Sion va saisir un tribunal de Berne pour rétablir le classement, sans les 36 points de pénalité.
Il était près de minuit à Kuala Lumpur en Malaisie, hier, lorsque Christian Constantin nous a rappelés. Le président du FC Sion est en Asie pour affaires, comme on dit. Mais celle qui occupe toutes ses pensées le ramène en Suisse. Avec ces 36 points de pénalité assénés par l’Association suisse de football, la plus lourde sanction jamais infligée à un club, qui se voit relégué à la dernière place, avec un total négatif de – 5 points.
Le «cas» Sion pollue la bonne marche du football suisse et international, jusque dans ses plus hautes sphères. Il faut comprendre une chose: la FIFA ne tolère pas qu’un club lui tienne tête. Cela remonte au transfert de El-Hadary, il y a trois ans, d’Egypte à Sion. Un transfert non valable, car non autorisé. Constantin a passé outre, en engageant six recrues l’été dernier, et la FIFA a sanctionné le club. En visant le FC Sion (l’association) et pas l’Olympique des Alpes (la raison sociale du club pro). Un tour de passe-passe qui est à l’origine du chaos. Du bras de fer qui s’ensuit. Et Christian Constantin est prêt à tenir!
«Confiant et même amusé»
Depuis Kuala Lumpur, le patron campe sur ses positions. «Je suis confiant, lance-t-il. Et même amusé par tout cela. Oui, tous ces dirigeants m’amusent. Ils devront répondre de ce qu’ils font. Ce n’est pas le foot qui va changer. C’est ses dirigeants. Parce que je rappelle que si des dirigeants sont pris dans une affaire pénale, ils doivent démissionner. Et pour le coup, j’ai des plaintes pénales en cours. Contre le comité exécutif de la FIFA, contre l’UEFA, MM Platini, Infante et d’autres, ainsi que contre le comité de l’ASF. Sans parler du forfait en Europa League contre le Celtic, infligé par l’UEFA et contre lequel nous nous battons aussi; nous aurons une audience le 11 janvier.» Le ton est donné: comme il fallait s’y attendre, le président du FC Sion compte se battre jusqu’au bout.«C’est comme au tennis…»
Mais comment? Voilà son plan de bataille: «Je pourrais aller devant le Tribunal arbitral du sport, mais on sait ce que j’en pense, je n’ai pas confiance. Je vais donc immédiatement attaquer auprès d’un tribunal civil à Berne, contre la décision de retrait de 36 points, qui est aberrante, explique Constantin. Pour obtenir des mesures provisionnelles qui rétablissent le classement normal. Cela peut aller très vite et après, on attendra un jugement sur le fond. On nous a enlevé 36 points? C’est comme au tennis. Maintenant, c’est Sion qui est au service et ça change!»L’argumentaire? Pour Constantin, Sion n’a jamais commis la moindre infraction. Mais si tel est le cas, pourquoi Sion a-t-il purgé une partie de son interdiction de transferts avant de réagir?
Rien à se reprocher
«On ne peut rien nous reprocher, assure Christian Constantin. La FIFA aurait dû attaquer l’Olympique des Alpes, pas le FC Sion. Ensuite, des joueurs ont demandé à un juge le droit de jouer. Pas Sion. Ils l’ont obtenu. Enfin, quand des interdictions sont tombées, douze minutes avant un match à Bâle, ou aussi contre Servette, nous avons respecté cela sans aligner aucune des six recrues estivales. Je rappelle en passant que la Ligue a qualifié les joueurs en fournissant les documents et les passeports.» Il est vrai qu’en termes de bourde magistrale, la SFL se pose…
Christian Constantin rentre de Malaisie cette semaine. Déterminé comme il l’a toujours été. D’ailleurs, le président de la Swiss Football League, Heinrich Schifferle, qui a affirmé que le club valaisan avait violé les règles du football, est sommé de s’expliquer par le club valaisan.
Le football suisse commence l’année comme il a terminé la précédente: avec un Sion jusqu’au-boutiste. Et un Xamax, on l’oublierait presque, qui voit le spectre de la faillite s’agiter de plus en plus au-dessus de sa tête. Bienvenue en 2012…
Par Daniel Visentini.