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"Je veux planter le Cervin dans le désert" | 09 mai 2009

Le complexe, notamment le stade, accolé au Cervin, bénéficiera des dernières avancées en matière de technologie.

Approché par plusieurs cheiks, Christian Constantin prévoit d'implanter un «Matterhorn Center» au Qatar. L'élément principal de ce projet, devisé à 2,7 milliards de francs, sera un stade climatisé et écologique, dont le prototype sera construit à Riddes.

 

Président du FC Sion, Christian Constantin n'a pas encore construit le grand stade dont il rêve en Valais. Mais son idée, toujours d'actualité, vient de prendre un spectaculaire développement avec le projet d'un mégacomplexe implanté à Doha, dans l'Emirat du Qatar. D'un coût pharaonique - 2,7 milliards de francs - ce projet se veut révolutionnaire en tous points de vue. Tant par ses dimensions que par la technologie utilisée.

Comprenant, entre autres, des surfaces commerciales s'étalant sur 20 hectares (soit l'équivalent de 26 terrains de football!), des cinémas, un théâtre et un musée, il est aussi lié à la construction d'un stade climatisé de 35'000 places utilisant les énergies renouvelables, un stade «vert» dont l'exemplaire zéro sera construit à Riddes (VS), dès que les autorisations auront été délivrées. «Il s'agit d'une nouvelle génération de stades», promet le président bâtisseur du club valaisan.

Entrée en jeu du Qatar
L'extraordinaire aventure de «Tintin» dans le désert commence il y a très exactement douze mois, peu après le transfert du gardien égyptien Essam el- Hadary du Caire à Sion. «A l'époque, raconte Christian Constantin, devant les maquettes de son projet, un cheik d'Abu Dhabi a fait savoir à ses avocats qu'il souhaitait me rencontrer.

C'était le No 3 du gouvernement. Je me suis rendu là-bas. Lorsque l'on a survolé la ville avec son hélicoptère, il m'a demandé: «Qu'est-ce que vous pouvez nous amener?» Je me suis aussitôt mis au travail avec mes différentes équipes.» L'étincelle jaillira à Zermatt, au pied du Cervin, à l'occasion d'une journée de ski. «Je voyais cette montagne et je l'ai transférée dans le désert.»

Au même moment, le projet prend une tournure internationale avec l'entrée en jeu du Qatar, lui aussi intéressé. L'Emirat du Qatar l'est d'autant plus qu'il vient de se porter candidat pour accueillir la Coupe du monde 2022 de football. Au même titre que l'Australie, la Chine et le Japon pour ne citer qu'eux. «Leur problème fondamental, c'est le climat.

Chez nous, on doit chauffer des stades ou des salles qu'il faut refroidir là-bas compte tenu de la chaleur.» C'est ici qu'intervient la technologie développée par CC et son bureau d'études. «Le défi était de pouvoir construire un stade propre et écologique, fonctionnant exclusivement sur les nouvelles énergies, sans émanation polluante.»

Le «Matterhorn Center» prévoit tout cela. Dans le même temps, Christian Constantin multiplie les contacts, frappant notamment à la porte de l'EPFL - «Le projet a enthousiasmé Patrick Aebischer, son directeur.» - et de l'Agence aérospatiale russe. «Depuis l'aventure de Soyouz, les Russes sont des pionniers en matière d'énergie solaire. Des professeurs de Moscou viendront rejoindre notre équipe technique», pronostique déjà le patron de Tourbillon.

Le soudan intéressé aussi
Lors de son dernier séjour à Doha, voici trois semaines, Christian Constantin n'est pas reparti les mains vides. Une convention a été signée avec des partenaires qatariens, lesquels seront probablement partie prenante dans la construction du stade projeté à Riddes, prototype de ce que sera l'enceinte appelée à fleurir au Moyen-Orient. A cette occasion, le citoyen Constantin a aussi rencontré sur place, dans les salons du Sheraton, l'ambassadeur de Suisse.

Durant ses pérégrinations, d'autres pays, notamment africains, ont eu vent de l'utilisation de cette technologie. L'architecte de Martigny a ainsi reçu une très officielle invitation du Soudan. «Je dois prochainement me rendre à Khartoum pour y rencontrer le président El-Béchir», conclut le boss voyageur du FC Sion.

Avec Christian Constantin, la Suisse entend désormais aussi exporter des stades.

Nicolas Jacquier
Le Matin
  
 
CC ne connaît pas la crise
Christian Constantin n'a plus 20 ans, mais le président du FC Sion continue de mener sa vie au pas de course.

En fonçant tête réfléchie en avant. Rien n'arrête, rien n'effraie ce marathonien des idées, toujours prêt à vous vendre la lune habitée. Au point que l'on en vient presque à guetter, voire redouter, sa dernière trouvaille.

Résultat? La découverte de sa dernière lubie architecturale est à la dimension du personnage: unique. Après avoir réussi à attirer des dizaines d'ouvriers - et parfois artistes - du ballon à Tourbillon, voilà que notre homme veut transférer... notre Cervin national dans les sables du désert, aux portes de Doha! Où d'autres construisent des châteaux en Espagne, Constantin s'engage à déplacer des montagnes jusque dans les Emirats arabes...

Jugé sans doute délirant aux yeux de certains, de ceux, par exemple, qui jalousent sa réussite, ce projet pharaonique fait la part belle aux énergies propres. Il comprend notamment un stade «vert», 100% écologique s'agissant des technologies utilisées. Qu'il puisse se réaliser ou non n'est pas forcément l'essentiel. Dans un monde où les crises - bancaire, aviaire, porcine, identitaire, de confiance, etc. - se multiplient, il se trouve bêtement qu'un tel projet et son auteur font du bien. Beaucoup de bien.

Au moment où la sinistrose ambiante accable les foules, oui, il est encore permis de rêver, de bâtir, d'innover. Quand il ne vire pas ses entraîneurs, l'architecte de Martigny, au-delà de ses excès, est à lui seul un élixir anticrise. Non remboursé par les assurances de Pascal Couchepin, l'autre roi de Martigny.

Publié par obol à 14:42:34 dans L'avenir du FC Sion Valais | Commentaires (0) |