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Sion mal barré | 23 avril 2009

Battue à l'Allmend, la formation valaisanne occupe aujourd'hui le fauteuil de barragiste pour la première fois de la saison.

Rolf Fringer fait la ola face à la tribune latérale de l'Allmend. Le rouquin entraîneur de Lucerne inverse les rôles. Neuf jours plus tôt, il regagnait les vestiaires pendant que les joueurs de Sion appréciaient leur qualification pour la finale de la coupe de Suisse sur le même terrain. Ce soir, les Sédunois filent dans les couloirs d'une enceinte appelée à disparaître dès l'été. Sion ne possède plus de marge de manoeuvre. Il hérite du statut peu enviable de barragiste après une défaite logique à Lucerne (0-1).

Bonjour les dégâts pour un finaliste de coupe plus que jamais mal barré en championnat. L'équipe valaisanne passe au-delà du huitième rang salvateur pour la première fois de la saison. Son adversaire du jour la passe au classement et confirme son renouveau printanier. A l'entame de la deuxième partie du championnat, les Lucernois pointaient à six longueurs des Valaisans. Le déficit actuel se limite à une unité. Il signifie qu'en onze journées, Lucerne a conquis sept points de plus que le battu du jour dont le redressement zurichois ne se confirme pas à l'Allmend. Comme si la pression d'un quitte ou double fissurait les certitudes qu'auraient pu et qu'auraient dû reconstruire une demi-finale victorieuse, puis une performance convaincante au Letzigrund.

Sans discussion

Le succès lucernois ne se discute pas. Le visiteur fait illusion durant une mi-temps, la première, durant laquelle il contient bien les mouvements de son adversaire. Sa prise d'initiative se concentre sur le minimum vital. Il enchaîne plus de pertes de balle que de mouvements en direction des buts de David Zibung. Virgile Reset ne court plus aussi vite qu'au Letzigrund. Guilherme Afonso se bat sans la percussion exprimée quatre jours plus tôt. Ils ne sont pas seuls. Peu d'inspiration, pas de flamme. Les maux sont collectifs. Coup de fatigue ou retour d'un quotidien banal? Le groupe de Didier Tholot avait donné une inflexion positive à sa courbe de performance. Elle replonge brutalement. Comme si la substance mentale, physique et technique à disposition ne suffit pas pour acquérir la stabilité nécessaire. Le technicien français n'est pas le seul à vivre cette expérience. D'autres l'ont précédé à Tourbillon.

Le retour du banni

Obinna Nwaneri est l'exception. Il revit. Sobre, efficace, précis, il justifie son statut d'international tant que ses forces préservent sa lucidité. Son manque de compétition régulière provoque ensuite des interventions plus aventureuses. Le défenseur nigérian opère ce retour après trois mois de bannissement qui l'ont écarté du contingent professionnel. Ses envies de changer d'horizon avaient entretenu un long feuilleton estival. Elles s'étaient traduites sur le terrain par une désinvolture inacceptable pour Christian Constantin qui avait prononcé l'exclusion du joueur. Définitve. Les suspensions simultanées de Kali et de Sarni lors du match aller contre Lucerne le 4 avril révisent l'opinion présidentielle. Nwaneri réintègre l'équipe première, il joue, il joue même bien. On le découvre orientant ses coéquipiers du geste et de la voix. Si le Nigérian avait adopté cette attitude plus tôt, il n'aurait jamais fait bande à part.

STéPHANE FOURNIER 
Le Nouvelliste

Publié par obol à 21:58:04 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (0) |