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Le casse-tête de BB sur le banc | 07 février 2009

Barberis doit déjà composer une équipe avec des joueurs de tous horizons, mais aussi avec Afonso, dont le cas est très particulier. Image © Eric LafargueA Tourbillon, véritable tour de Babel, Bertine Barberis doit composer avec 18 mercenaires issus de 12 nationalités différentes. Il doit surtout veiller à ne pas commettre d'impair dans la gestion des joueurs extracommunautaires.

«On est un peu comme les gars de la météo: on fait des prévisions...» A Tourbillon, Umberto Barberis apportera-t-il la pluie ou le soleil? A 48 heures de la reprise, «Bertine» est confronté à la quadrature du cercle des footballeurs étrangers. Il faut dire que le FC Sion entretient un riche bataillon de 26 joueurs, dont... 18 mercenaires représentant 12 nationalités différentes. Parmi ces 18 mercenaires à la solde du club valaisan, pas moins de 10 sont considérés comme extracommunautaire. Très concrètement, la liste comprend les noms du gardien El-Hadary (Egypte), Nwaneri, Yusuf et Adeschina (tous Nigeria), Dominguez (Colombie), Saborio (Costa Rica), Obradovic (Serbie), Serey Die (Sénégal), Ahoueya (Bénin) et du... «Suisse» Afonso, dont le cas est à lui seul un casse-tête (lire encadré).

Le club des 5 dans l'équipe des onze
Compte tenu du règlement de la SFL, limitant à cinq le nombre de joueurs extracommunautaires autorisés sur la pelouse, Barberis est confronté à un choix cornélien limitant également son coaching. «En réalité, détaille le nouveau coach, je dois former successivement trois équipes. Je dois d'abord composer l'effectif des 18 joueurs (n.d.l.r.: qui seront inscrits sur la feuille de match), puis je dois désigner les 11 titulaires, à savoir l'équipe qui jouera, à l'intérieur de laquelle figurera le groupe des cinq. Je dois aussi me gaffer dans les changements. Si je prévois de faire entrer un extracommunautaire, il ne peut remplacer qu'un joueur possédant le même statut.» Sur le banc valaisan, c'est Marco Pascolo qui est chargé de vérifier la bonne marche administrative des allées et venues entre le banc et le terrain.

Dans un jeu virtuel
Si Bertine doit constamment jongler avec son compère Zermatten, c'est parce que les deux hommes ont hérité d'un groupe hétéroclite et multiculturel, l'une des spécificités d'un FC Sion qui n'a eu cesse de s'internationaliser avec un recrutement effectué à l'échelle de la planète. Christian Constantin veut y voir un enrichissement, mais en agissant de la sorte, le président a paradoxalement réduit la marge de manoeuvre de son staff technique.

«Les supporters s'étonnent parfois que l'on ne fasse pas jouer ensemble Saborio et Adeschina, précise Zermatten. Ce serait théoriquement possible, à condition de sortir un Nwaneri par exemple et de déséquilibrer le bloc défensif. A un moment donné, cela réduit les combinaisons possibles...»

A Bellinzone, MM.?Barberis et Zermatten devront pourtant trouver les bonnes solutions, choisir le onze de base le plus judicieux. A l'heure de la reprise, les deux techniciens confessent la même crainte: «On a des joueurs parfois trop joueurs, qui privilégient le jeu pour le jeu. Tous ont un côté flamboyant. On se croirait presque dans un jeu virtuel.» Dimanche, Sion aura rendez-vous avec la réalité. Bertine devra s'y accrocher pour conserver les manettes...

 Suisse mais... considéré comme étranger!
Cela paraît incroyable, c'est pourtant vrai: détenteur d'un passeport helvétique, Guilherme Afonso, le nouvel attaquant du FC Sion, n'est pas considéré comme suisse aux yeux de la réglementation! Né en Angola voici bientôt 23 ans, l'ancien titulaire de la sélection des M20 helvétiques - il avait participé aux Mondiaux en 2005 - n'entre pas dans la catégorie des joueurs formés localement (répertoriés «HTP» selon l'UEFA). «Pour être considéré comme tel, explique-t-on du côté de la Ligue, Afonso aurait dû passer 36 mois de formation dans un club suisse entre 16 et 21 ans. Or le joueur est très vite parti tenter sa chance hors de nos frontières.» Résultat de son rapide exil en France, puis aux Pays-Bas, l'ancien international helvétique a perdu son statut initial. «Chez nous, regrette Domenicangelo Massimo, directeur général du club valaisan, Guilherme prend une place dans la liste des étrangers. Il est considéré au même titre qu'un El-Hadary! C'est une réelle invraisemblance...» Afin de sortir de cet imbroglio juridique, Christian Constantin a alerté la Commission de qualification. Si celle-ci devait lui donner tort, le boss du FC Sion déposerait aussitôt recours. Un nouveau bras de fer en perspective...
 
 
Christian Constantin: «cette fois, les joueurs n'auront plus d'excuses»
 
Christian Constantin, combien de temps Barberis va-t-il tenir sur le banc?
Aujourd'hui déjà, Barberis est l'entraîneur qui a travaillé le plus longtemps avec moi si l'on prend en compte sa première période. Bertine a au moins quatre avantages: il connaît le foot suisse, le Valais, le club et le fonctionnement de son président! Etre de retour ici, c'est une chance pour lui. J'espère que cela le sera aussi pour nous.
Vous avez fait des émules. A Neuchâtel, Sylvio Bernasconi vous fait de la concurrence...
Je ne peux que me sentir solidaire et l'excuser. Je sais la difficulté d'être président.
Les objectifs du FC Sion?
En premier lieu, assurer le maintien... le plus rapidement possible. Je sais aussi que l'on est à 3, voire 2 matches de l'Europe à travers la Coupe. A-t-on envie d'aller au bout? Oui, comme les 7 autres prétendants.
Samedi passé Sion, battu 5-2 à Thoune, n'a pas rassuré...
C'est inquiétant si rien ne change après-demain à Bellinzone. A tout prendre, je préfère remettre l'église au milieu du village maintenant que trop tardivement!
Quelles leçons retirez-vous des minicamps de préparation de Riddes?
On a pu travailler sérieusement, dans un contexte presque familial. Cela a surtout permis d'éviter les caprices qu'un luxe inutile avait parfois pu provoquer par le passé...
A vos yeux, quel est le vrai potentiel de l'équipe?
On devrait enfin pouvoir le découvrir s'il se confirme qu'il existe comme je le suppose. Cette fois, les joueurs ne pourront plus se retrancher derrière des excuses! Ils n'en auront plus. Le groupe est prêt physiquement, l'équipe au pied du mur. Si les résultats ne suivaient pas, ce serait la preuve que l'on s'est trompé.
 
Nicolas Jacquier
Le Matin

Publié par obol à 13:54:29 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (0) |