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Il est libre, Bertine | 10 janvier 2009

Barberis a des origines des deux côtés des Alpes. La parole et le geste. HOFMANNL'enfant de Sion retrouve son club d'origine. La passion et l'envie sont toujours aussi fortes, l'expérience leur donne un deuxième souffle.

Bertine est de retour. Plutôt trois fois qu'une. Il revient à Sion, son club d'origine. Il retrouve le terrain au quotidien après douze mois d'inactivité et il fait le délice des journalistes. Les micros, les caméras et les stylos se disputent un interlocuteur apprécié qui ne cède pas à la facilité des courriers électroniques ou des messages courts. Barberis reste fidèle à Bertine, à son franc-parler, à sa gouaille. L'entraîneur exprime le même dynamisme. En doudoune, pull polaire et training, il encourage, il chambre gentiment, il demande de la qualité dans le travail dans la glacière de Martigny-Croix où il relève un nouveau défi au côté de Christian Zermatten. «Ne dites pas que je revis, je suis comme cela même quand je ne suis pas dans le foot». L'air du Valais insuffle une nouvelle jeunesse à un homme dont l'origine colle à la peau malgré une carrière construite largement hors des frontières cantonales. «Quelqu'un a dit un jour: je n'habite pas le Valais, je suis habité par le Valais. Cette phrase est magnifique.» Elle nourrit son attachement à Sion que des séjours de longue durée à Genève, à Monaco et à Lausanne ou un bref passage à Zurich n'ont pas entamé. «On aime toujours le carré de son enfance. Mes parents sont originaires de la région du lac d'Orta près de Stresa, je suis né en Valais, je suis un gars des Alpes, un type des deux versants dont le Simplon et le Saint-Bernard sont les traits d'union. Cette étiquette m'accompagne toujours. À Genève, je suis le Valaisan de Genève. A Lausanne, le Valaisan de Lausanne.»

Bertine est de retour. Plutôt trois fois qu'une. Il revient à Sion, son club d'origine. Il retrouve le terrain au quotidien après douze mois d'inactivité et il fait le délice des journalistes. Les micros, les caméras et les stylos se disputent un interlocuteur apprécié qui ne cède pas à la facilité des courriers électroniques ou des messages courts. Barberis reste fidèle à Bertine, à son franc-parler, à sa gouaille. L'entraîneur exprime le même dynamisme. En doudoune, pull polaire et training, il encourage, il chambre gentiment, il demande de la qualité dans le travail dans la glacière de Martigny-Croix où il relève un nouveau défi au côté de Christian Zermatten. «Ne dites pas que je revis, je suis comme cela même quand je ne suis pas dans le foot». L'air du Valais insuffle une nouvelle jeunesse à un homme dont l'origine colle à la peau malgré une carrière construite largement hors des frontières cantonales. «Quelqu'un a dit un jour: je n'habite pas le Valais, je suis habité par le Valais. Cette phrase est magnifique.» Elle nourrit son attachement à Sion que des séjours de longue durée à Genève, à Monaco et à Lausanne ou un bref passage à Zurich n'ont pas entamé. «On aime toujours le carré de son enfance. Mes parents sont originaires de la région du lac d'Orta près de Stresa, je suis né en Valais, je suis un gars des Alpes, un type des deux versants dont le Simplon et le Saint-Bernard sont les traits d'union. Cette étiquette m'accompagne toujours. À Genève, je suis le Valaisan de Genève. A Lausanne, le Valaisan de Lausanne.»

Vittorio, son papa, émigre pour des raisons professionnelles et sportives. Joueur, entraîneur de diverses formations juniors, responsable du stade, il occupe diverses fonctions dans son club d'accueil. Le rejeton l'accompagne souvent. «Entre 5 et 10 ans, on absorbe beaucoup de choses. Papa me permettait d'aller au stade avec lui. Les joueurs de la première me voyait, il me refilait un ballon. Quand tu vois ces gars s'occuper d'un môme, tu découvres le fonctionnement du groupe. Tu te dis: ce doit être sympa de vivre une telle expérience. Ma vocation plonge ses racines dans ces moments privilégiés. La grande liberté de jeu de l'époque l'a fortifiée. Nous habitions sous le Scex, nous disposions d'un terrain pour le foot. C'était le nôtre, le terrain des enfants du quartier, nous nous connaissions tous. La rivalité était plus forte à l'Ancien-Stand où les gosses de toutes les parties de la ville se déplaçaient.» Le ballon rond monopolise déjà son quotidien d'adolescent. «Le choix était limité au foot ou au hockey. Le ski était plus élitaire.»

«Les jeunes rêvaient de jouer en équipe fanion»

Un événement sportif emporte définitivement son adhésion. «La finale de coupe gagnée en 1965 contre Servette. C'était la première pour Sion. Tous les jeunes du club rêvaient d'évoluer un jour en équipe fanion, moi le premier.» Cinq ans plus tard, le nom de Barberis apparaît pour la première fois sur une feuille de match de ligue nationale A. Il abandonne les chemins de traverse qui l'ont fait monter dans le car de son équipe directement à la sortie d'une boîte de nuit. «J'étais plutôt turbulent, je voulais réussir dans le football et vivre pleinement ma jeunesse avec les copains. Nous rigolions bien, nous faisions la tournée des grands ducs si on peut utiliser cette expression pour la ville de Sion à la fin des années soixante. Ça ne portait pas trop à conséquence, nous étions nettement supérieurs aux équipes valaisannes que nous rencontrions. Ce comportement m'a valu d'être écarté durant quelques mois du championnat des inters. Je pensais que rien ne pouvait m'arriver, j'acceptais mal la critique. Des personnes m'ont surveillé, elles m'ont fait la morale, elles m'ont calmé. Heureusement, elles ont vu que le moteur était bon. Des hommes comme Jacques Guhl ont fait les choses justes. Il a été le premier à fixer l'entraînement à l'heure de midi pour que nous disposions de l'intégralité du terrain alors que la séance du soir condamnait toutes les formations à se disputer les bouts de pelouse libre.»

«Je raconte bien les histoires»

Troisième place en championnat en 1973, victoire en coupe de Suisse en 1974, Barberis junior fonce vers la réussite. «Le FC Sion commençait à grandir. J'ai eu la chance d'inscrire un but à Berne lors d'un événement majeur de son histoire, cette réussite explique certainement le trait d'union que les gens placent toujours entre Barberis et le Valais.» Servette, à coups de titre, puis Monaco avec un titre de champion et deux sélections comme meilleur joueur étranger du championnat de France le consacrent définitivement. «Je me souviens parfaitement du dernier match décisif contre Saint-Etienne, j'ai marqué le premier but. A 0-0, nous n'étions pas sûrs d'être champions. A 1-0, oui. Cette émotion me prend encore aujourd'hui, j'ai toujours l'impression que ce n'est pas moi qui ai marqué.» Sur le terrain, Barberis ne lâche rien. Les observateurs le voient crocheur, volontaire, pugnace. «J'aurais aimé parfois qu'ils mentionnent également certaines capacités techniques.»

Un surnom qui colle

Le bonhomme est brillant. Balle au pied et dans le vestiaire. Il s'impose comme un meneur. «Je ne crois pas que je sois une grande gueule. J'étais un gars qui donnait tout et je demandais aux autres autour de moi de le faire. Un milieu de terrain se retrouve entre les attaquants et les défenseurs qui réclament tous du soutien. A un moment donné, tu te dis: je règle la musique. Je parlerai plus d'une âme de chef. Si grande gueule est synonyme de caractère bien trempé, je peux le prendre. Je ne crains pas d'aller à la discussion même si je me trompe. J'apprécie la confrontation des idées. Les différents groupes avec lesquels j'ai vécu m'ont souvent mis en avant. Je ne me l'explique pas. Peut-être parce que je raconte bien les histoires.» Un mot résume le personnage: Bertine. Surnom et véritable marque de fabrique dont l'origine remonte à son enfance. «A la maison, j'étais Umberto. Dans le cercle élargi de la famille, mon prénom est devenu Umbertino, le petit Umberto. A l'école, les copains ont commencé avec Bertino avant d'effacer le o. Bertine ne me déplaît pas.» La sonorité et la vivacité de la prononciation du mot colle parfaitement au personnage. Aussi fort que le Valais.

Stéphane Fournier
Le Nouvelliste

Publié par obol à 17:21:54 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (0) |

Pour Christian Constantin, les dimanches, c’est foot ou montagne | 10 janvier 2009

© PHILIPPE MAEDER | Chez lui à Martigny, Christian Constantin, président du FC Sion, ne prend guère le temps de se reposer dans sa méridienne assez spectaculaire. Il tient dans ses mains une Bugatti en verre, objet de collection, offerte par son épouse.Le président du FC Sion aime la victoire, mais aussi les levers de soleil sur les sommets.

Quand, pour la séance de photographies, il s'allonge dans la méridienne, tendance chef de tribu africaine au cœur de son salon, Christian Constantin se marre. Car c'est une pose qu'il ne prend pas très souvent, ni la semaine ni le week-end. Cet homme-là bosse et bosse encore pour assumer sa double passion, les affaires et le football, les premières s'efforçant de rapporter ce que lui coûte le deuxième. «Mon week-end idéal? C'est quand je gagne un match de football le dimanche; mais tu ne peux pas espérer gagner sans avoir fait une préparation durant des semaines et des mois. Quand tu es président d'un club, quand tu dois continuellement investir parce qu'un résultat te demande un autre résultat, tu n'as jamais de réel temps d'arrêt ou de repos. Pour rendre mon week-end le plus beau possible, je suis donc obligé de travailler en permanence. Dans ce tourbillon, ce qu'il faut, c'est pouvoir arriver à la fin du week-end sans avoir de reproches à se faire, sans regrets, même si on a perdu.»

Cela dit, il y a quand même de temps en temps un dimanche de «congé», un de ces rares dimanches de vacances où il part à pied retrouver la nature dont il avoue avoir grand besoin. «L'hiver, je pars en peau de phoque. Il y a deux choses importantes là-dedans, l'effort physique, et le soleil qui se lève. Dimanche dernier, je montais au Rothorn, j'avais devant moi tous les sommets, du Cervin au Mont-Rose, et je sortais de la nuit pour voir ces premiers rayons de soleil sur les montagnes, cette couleur ocre qui donne le sentiment d'être dans les Rocheuses, ou dans le désert. Ces montagnes, ce mélange de neige, de glace et de pierre, c'est miraculeux. L'été, la nature est complétée par la présence du bétail dans les alpages, on y croise davantage de vie, d'accueil, d'activité humaine. Mais c'est fou, ce pays: en une heure tu passes de la ville aux sommets, aux grands espaces, à la liberté.»

Les pieds sur terre
Que ceux qui ne voient en Constantin qu'un homme d'affaires ou un patron sans pitié nuancent leur perception du gaillard: il sait d'où il vient et n'oublie pas d'y retourner. «J'ai toujours passé du temps dans les montagnes, dans la campagne. A Ayent, où les grands-parents étaient agriculteurs, je travaillais dans les alpages, il y avait les vaches à traire, les cochons à nourrir, la boucherie en décembre. Et au printemps on commençait par les asperges, puis venaient les abricots, les pruneaux, les poires, les pommes, j'ai fait tout cela. Le supermarché de l'époque, c'était ton jardin. Ma maman avait un jardin parfait, structuré, géométrique, dans la Plaine du Rhône.»

Evoquer la maman, tôt disparue (à 33 ans), c'est revenir aux dimanches de l'enfance: «J'ai servi la messe parce qu'on avait à Martigny le chanoine Pont – qui vit toujours – qui avait une grande importance pour tous les jeunes. Le catéchisme avec lui, c'était vivant, c'était un échange de points de vue, c'était culturel. Mais le chef des servants de messe, impitoyable avec nous si on faisait les zouaves, c'était Daniel Rausis! À l'époque, il semblait mûr pour le Vatican!» (rire).

Revient encore le goût des week-ends d'alors: «C'était le foot le samedi après-midi, le bain le samedi soir, les habits du dimanche le dimanche, la messe, le repas avec de la viande.» Tout a changé. Constantin a de la viande tous les jours. Et puisqu'il ne fait pas grand-chose comme les autres, Constantin s'offre parfois un dimanche... en pleine semaine. «Pour aller en Italie! En Pendolino, tu pars à 7 h, tu bois le café à Milan avant 10 h. Et tu reviens le soir. L'Italie, c'est bien plus de créativité que chez nous, dans beaucoup de domaines. Mais les magasins, ce n'est pas une passion, j'y vais quand ma femme me dit qu'il serait temps de changer un peu de costards...»

«Carole, ma femme, m'a dit: qu'est-ce que t'as encore fait!?»

– Un week-end marquant?
– Celui du tsunami. J'étais aux Seychelles, dans la mer avec mon épouse, et tout à coup une vague est arrivée. On s'est retrouvés quatre ou cinq mètres plus haut, vis-à-vis du sommet d'un palmier. Carole m'a dit: qu'est-ce que t'as encore fait!? (Christian Constantin rit aux éclats) . Tu ne sais pas ce qui arrive, tu vois des poissons sur le sable, des bateaux qui n'arrivent pas à revenir... On est rentré à l'hôtel où l'eau était déjà dans le rez-de-chaussée. Le vrai choc est arrivé quatre ou cinq heures après cette première vague qui nous avait alertés. Il y a eu quelques morts dans ce coin-là.

– La retraite, ce sera le week-end prolongé?
– La retraite ne m'intéresse pas, je crois que c'est la rencontre avec la solitude, alors je ne serai pas retraité. Je la prendrai s'il le faut pour des raisons de santé, mais jamais par envie de m'arrêter.

– Les week-ends où vous avez été entraîneur du FC Sion vous ont-ils enseigné quelque chose? Serez-vous plus cool avec vos entraîneurs?
– Franchement, président ou entraîneur, les angoisses sont les mêmes. Plus cool? Je ne change pas d'entraîneur par plaisir. Juste pour qu'un autre aille chercher plus à l'intérieur des hommes ce qui peut changer les choses et le destin de l'équipe.

– La veille des matches, vous dormez bien?
– Disons que j'aime bien aller dormir avec l'équipe, comme ça, je ne dérange personne à la maison; mes recto verso incessants sont insupportables. Avant une heure du matin, je ne dors pas.

– Et après les matches, se calmer, c'est long?
– Oh, il faut dormir dessus, comme on dit! Le match passe et repasse. C'est long, tu tournes et retournes, tu regardes le classement au télétexte et il ne change jamais, celui-là, c'est terrible. Il faut une bonne nuit pour retrouver le calme.

– Le week-end, quand il n'y a pas de football, vous pensez à vos opérations immobilières?
– Oui, je visite mes chantiers. Il n'y a personne dessus mais c'est là que tu vois bien où ils en sont.

– Et vous allez par monts et par vaux repérer de bonnes affaires?
– Oui, j'aime bien ça. J'ai vu dernièrement au fond d'un vallon un ancien moulin qui serait intéressant à prendre. Ou une bergerie ici ou là. Ce qui est bien, le dimanche, c'est que le téléphone sonne moins, tu peux prendre des notes, réfléchir, profiter de ta tranquillité d'esprit.

— Que promettez-vous aux spectateurs et amis du FC Sion pour leurs week-ends à venir?
– Que l'équipe va transpirer pour eux. Pour elle-même et pour eux.

— Un souvenir de la télé du dimanche?
– La télé, je l'ai eue à mes onze ans pour un match Suisse-Italie commenté par Jean-Jacques Tillmann à la fin des années soixante, Mazzola avait marqué. La télé a changé les dimanches, oui, même si au début il n'y avait qu'une chaîne. J'avais la chance d'aller parfois chez ma marraine à Vevey, là c'était la fête, elle avait la télévision française.

Bio

1957 Naissance à Martigny, Le 7 janvier.
1970 Décès de Charlotte, sa maman, d'une leucémie, le jour  de la Fête des mères, à l'âge de 33 ans.
1985 Naissance d'Armelle.
1989 Décès d'Irène, la maman d'Armelle.
1993 Mariage avec Carole.
1994 Naissance de Barthélémy.
1998 Naissance de Charline.
2003 Reprise du FC Sion, alors en perdition, et que personne ne voulait sauver.
2006 En avril le club gagne sa dixième Coupe de Suisse.
2008 Il s'offre une période où il est à la fois président et entraîneur.

DES ADRESSES APPRÉCIÉES

UNE BALADE Partir du col de la Forclaz pour aller en direction de l'alpage de Bovines. Vue superbe, marche agréable.
DES RESTAURANTS Au Terminus, chez Didier de Courten à Sierre, une cuisine très inventive, créative. Les Alpes à Orsières, chez Jean-Maurice Joris, qui travaille en beauté avec les produits du terroir.
DES VINS Les vins valaisans, surtout les rouges, assemblages compris. Dans Les blancs, petite arvine et fendant.

Philippe Dubath
24 heures

Publié par obol à 17:16:24 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (0) |