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Brillant contre Zurich, Essam El-Hadary lance un appel au public pour soutenir l'équipe valaisanne demain soir à Tourbillon.
L'hiver convient bien à Essam El-Hadary. Deux prestations convaincantes de l'international égyptien contre Malley, puis contre Zurich, les meilleures depuis son arrivée à Tourbillon en mars, ont suivi la chute des premiers flocons. La relation de cause à effet relève de la coïncidence. Les mesures décidées par Christian Constantin contribuent plus à son épanouissement que la découverte de la neige.
La menace brandie de fermer la tribune nord, qui a abrité les contestataires les plus virulents à l'encontre d'El-Hadary lors de la rencontre face à Vaduz, et le départ de Germano Vailati en prêt à Metz témoignent de l'indéfectible soutien présidentiel. El-Hadary réagit sur le terrain. Ses dernières performances correspondent mieux au statut de meilleur gardien africain qui l'a précédé à Sion. Elles reflètent un homme bien dans sa tête et dans ses gants, plus apaisé et plus en accord avec son nouvel environnement. El-Hadary veut confirmer cette progression contre Lucerne demain avec le soutien du public. «Le football se joue à douze, ce sont les supporters qui portent ce maillot supplémentaire» souligne-t-il.
Comment Essam El-Hadary explique-t-il sa progression?
Mon adaptation au football européen se termine. Les différences avec le jeu africain ont créé des difficultés au départ, tout va mieux. Je parle du domaine sportif, pas du domaine culturel. Le mérite de cette évolution revient à toutes les personnes avec qui je travaille, Marco Pascolo, mon entraîneur, Germano et Nicolas, les autres gardiens, tous mes coéquipiers, le président Constantin.
El-Hadary n'arrive pas là tout seul, il avance avec tout le monde. Je suis aussi habitué à la stabilité d'un club, j'éprouve de la peine avec les changements.
Les dialogues avec le président m'ont convaincu que les interventions étaient nécessaires. J'apporte ma contribution.
Les sifflets contre vous à Tourbillon et la polémique créée sur votre volonté de ne plus jouer à Sion vous ont-ils motivé?
Je ne suis pas responsable de ce qui se dit, ma responsabilité est de défendre le but du FC Sion. Je dois être fort pour ça.
L'investissement du président pour le club m'aide beaucoup, il est là pour tous, il bouche les trous à tous les niveaux. Les sifflets m'ont vexé sur le moment, je les ai oubliés ensuite. Dans la vie, plus votre exposition est grande, plus le public vous juge sévèrement.
Quelle raison vous a-t-elle poussé à solliciter l'ouverture de la tribune nord?
Parce que cette tribune est une véritable dinamo qui joue pleinement le rôle de douzième homme. Son soutien nous donne de l'énergie. Le football se joue à douze, pas à onze. Pourquoi empêcher ces supporters d'être là?
Vous avez été nettement meilleur techniquement au cours des derniers matches...
J'apprends tous les jours, je n'aurai jamais fini d'apprendre. Quand on se sent bien dans sa peau, on peut donner plus. Mes qualités, ma technique ne datent pas d'aujourd'hui.
Votre match contre Zurich est-il le meilleur depuis votre arrivée à Sion?
Je parlerai d'un grand match d'El-Hadary lorsque nous gagnerons les trois points. Quelle que soit ma performance personnelle, une défaite ne peut pas me satisfaire. Je pense à tout ce que nous n'avons pas fait ou à ce que nous n'avons pas réussi à faire pour prendre les trois points.
Cette défaite (0-1) est plus facile à digérer que celle subie contre Young Boys (0-5) qui vous avait profondément excédé...
J'accepte la défaite, mais la manière influence ma réaction.
J'ai besoin de trois jours pour évacuer la colère après un match comme celui de Berne. La manière fait trop mal.
Je me demande: mon équipe a-t-elle mérité ça? et moi? Je me remets en question, je m'énerve. Je ne dors pas, je refais le match, je réfléchis toute la nuit. Les entraîneurs de l'équipe nationale m'ont demandé les raisons de mon agacement tellement il était perceptible.
Le froid vous permet-il d'être plus performant?
Il donne envie de travailler plus, c'est sûr.
Pourquoi Sion a-t-il manqué son premier tour?
Près de la moitié des internationaux étaient engagés avec leur sélection durant la préparation. Leur retour a nécessité une période d'adaptation, les résultats n'ont pas suivi et une crise est née. La surmonter a pris du temps, c'est fait. Je suis convaincu que le deuxième tour au printemps sera nettement meilleur pour nous.
Les turbulences nées lors de votre transfert à Sion sont-elles définitivement apaisées?
Plus de nonante pour cent de mes compatriote ont compris et accepté mon départ. Seule une très faible minorité manifeste encore son hostilité. Quitter mon pays n'est pas facile. Nous ne sommes qu'une dizaine de joueurs à évoluer en Europe pour une population de 80 millions d'Egyptiens. Les clubs freinent l'exil des joueurs quand ils ne s'y opposent pas. Les salaires jouent un rôle, ils sont aussi élevés que ceux perçus dans le championnat de Suisse.
Publié par obol à 21:43:31 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (3) | Permaliens
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