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A Sion, Christian Constantin est à la recherche de son propre successeur. Grand consommateur d'entraîneurs, le patron de Tourbillon explique une méthode qui lui a permis de ramener cinq trophées en Valais.
Euh... En fin de compte, Christian Constantin est-il à la recherche de son 19e, de son 21e ou de son 25e entraîneur? Lui-même ne le sait pas trop. «Cela dépend comment l'on compte, lâche le boss de Tourbillon. Certains ont fait plusieurs allers-retours...» Sans parler des intérimaires du banc.
Christian Constantin, vous possédez un joli palmarès de coupeur de têtes. A ce rythme, vous rêvez d'entrer dans le Livre Guinness des records?
J'y suis sans doute déjà! Mais être dans le Guinness Book ne m'apporte pas plus de points. Cela ne m'amène pas davantage de trophées non plus...
Vous vous souvenez de votre premier coach?
Mais je me rappelle de tous mes entraîneurs. Jean-Paul (ndlr: Brigger) fut le premier de la liste. Avec lui, on a été à deux doigts de se qualifier pour la première Ligue des champions à 8 équipes. On menait 2-0 contre Porto à la 80e, lorsqu'il m'a fait un changement incroyable qui nous a coûté deux buts et la qualification!
Le responsable de ce défilé permanent, c'est qui, c'est quoi? C'est vous ou le totomat?
C'est l'addition des deux quand les choses commencent à déraper. Je peux très bien vivre avec la défaite. C'est quand on y met un s que ça se gâte...
Parfois après seulement deux défaites?
Non, en général, dès que l'entraîneur commence à se plaindre au lieu de bosser. Je préfère l'action concrète aux théories fumeuses. En travaillant, je m'aperçois que je réussis à en faire autant qu'un entraîneur qui ne travaille pas comme il devrait. A titre d'exemple, Ulli a très vite cherché des excuses ailleurs que dans le travail qu'il aurait dû fournir.
Compte tenu de votre rôle et de votre implication, à quoi sert un entraîneur à Sion?
Un entraîneur ne peut pas être un spectateur de plus. Il doit pouvoir agir pendant le match afin d'influer le cours des événements, et non faire une analyse après la partie. Je n'ai pas besoin d'un coach qui me dise qu'un tel a les yeux bleus et qu'un tel autre les cheveux blonds. Ça, les 95% des spectateurs le voient. J'ai besoin d'un type qui aille au-delà du simple jugement. Pour ce faire, je lui demande de définir une ligne de jeu par rapport à l'effectif que je lui transmets. Afin de donner de la cohérence à nos actions.
Actionner le couperet, c'est une jubilation ou un échec?
Ni l'un ni l'autre. Ce n'est en tout cas pas une satisfaction. Mais je ne les ai pas tous renvoyés! Certains sont partis de leur propre chef, d'autres sont tombés malades...
A cause de la pression que vous exercez?
Je mets aux autres la même pression que je m'impose. Je suis très demandeur d'exploits, c'est vrai. Je ne suis pas à Bâle, où les moyens, pour la Suisse, sont illimités. Les gens sont friands de statistiques, de chiffres. Il faut mettre tous mes entraîneurs en regard de ce qu'ils ont amené au club. Durant mes onze années de présidence, Sion a quand même déjà décroché quatre Coupes et un titre de champion. En comparaison, NE Xamax n'a plus rien gagné depuis vingt ans... Sion doit aujourd'hui retrouver une rentabilité dans ses résultats. J'ai gagné des Coupes chaque fois que je posais des questions. Etre là, m'impliquer pour savoir, c'est ma méthode.
Tous ces licenciements, toutes ces ruptures de contrat, cela fait combien de procès à l'arrivée?
Détrompez-vous, un seul (ndlr: avec Gilbert Gress). J'ai conservé de l'estime avec tous les entraîneurs que j'ai dû virer.
Comment imaginez-vous votre successeur?
Plus fort que moi! (Rires.)
La liste de Constantin: un tableau de chasse impressionnant
Dans sa carrière de coupeur de têtes, combien CC a-t-il officiellement «consommé» d'entraîneurs?
Son tableau de chasse est aussi impressionnant que le nombre de ses «victimes». Difficile d'ailleurs de s'y retrouver précisément, certains, à l'image de Bigon, ayant effectué plusieurs passages sur le banc valaisan. Tentons néanmoins de dresser l'inventaire de ces «hommes qui passent»...
Durant ses premières années (1992-1997) à la tête du FC Sion, Constantin a utilisé 6 entraîneurs en cinq ans: Jean-Paul Brigger, Didi Andrey, Umberto Barberis, Michel Decastel et Alberto Bigon. Durant toute cette période, le toujours fidèle Jean-Claude «Boubou» Richard effectue déjà trois intérims...Dès le retour aux affaires du patron, au printemps 2002, le rythme va considérablement s'accélérer:
Saison 2002-2003
Charly Roessli (9 matches)
Saison 2003-2004
Didier Tholot (25), Guy David (5), Amy Rebord (13)
Saison 2004-2005
Admir Smajic (7), Christian Zermatten (2), Gilbert Gress (18)
Saison 2005-2006
Gianni Dellacasa (26), Christophe Moulin (22)
Saison 2006-2007
Nestor Clausen (9), Christophe Moulin (1), Marco Schällibaum (5), Gabet Chapuisat (5), Alberto Bigon (16)
Saison 2007-2008
Alberto Bigon (18), Charly Roessli et Maurizio Jacobacci (11), Alberto Bigon (7)
Saison 2008-2009
Ulli Stielike (13), Christian Zermatten et Christian Constantin (4)
Publié par obol à 22:18:55 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (0) | Permaliens
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