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La révolution attendra | 07 octobre 2008

 Le président du club valaisan demande un plan d'action à Uli Stielike.

 «La révolution attendra.» Du président Constantin, fou mais calme. MAMINSa critique n'épargne personne.La routine rattrape Christian Constantin. Son téléphone portable ne quitte pas l'alimentation par le secteur et les appels se suivent sans interruption. La question se répète des dizaines de fois au bout du fil : «Uli Stielike est-il toujours l'entraîneur du FC Sion?» L'abonné mobile atteignable gère parfaitement ces lendemains de défaite qui provoquent un véritable embouteillage sur le réseau de la région martigneraine. «Je me calme et je réfléchis», répond-il. L'interlocuteur ne perçoit aucune irritation. La visite dans le bureau du président du club valaisan confirme l'impression auditive. Elle découvre un homme serein, presque étranger à l'agitation extérieure dont il est l'épicentre. «Je suis deux fois plus fou qu'hier», lâche-t-il. «J'ai dit à Uli tout à l'heure: je ne souhaite pas que nous parlions maintenant, je ne serais pas objectif. Tout se passe encore dans l'émotionnel. Notre rencontre n'était pas planifiée, nous avons bu un café ensemble.» Son attitude contraste avec cette agitation intérieure. «Attention, je ne me mettrai pas non plus des rondelles de saucisson devant les yeux.» La suite du dialogue confirme le bouillonnement d'idées. Il touche toutes les composantes du club. Le tour d'horizon est large et n'épargne personne.

» Uli Stielike. L'Allemand est toujours l'entraîneur de Sion. «Je lui ai demandé de me présenter un plan d'action pour la progression du groupe», explique Constantin. «Il doit absolument modifier son état d'esprit et ses exigences vis-à-vis des membres de son encadrement et des joueurs. Dans le cas contraire, une poursuite de notre collaboration sera difficile. Accepter que son assistant rejoigne l'équipe à 11 heures le jour même du match est une légèreté grave. Le déplacement au Mont pour observer notre adversaire en coupe de Suisse le samedi te permet d'être à Berne en cours de soirée. Une armée se déplace à la guerre avec tout son effectif, du premier officier au dernier soldat. J'ai beaucoup de respect pour Uli, mais sa gentillesse le perdra.»

«Je n'ai vu personne mettre la gueule où ça fait mal pour marquer» CHRISTIAN CONSTANTIN

» Les coupables. «Personne dans ce club ne mesure sa chance d'être là, du premier au dernier salarié. Chacun voit les fautes de l'autre et ignore les siennes. Nous disputons le onzième match du championnat avec des joueurs en surcharge pondérale. On me désigne Stéphane Troillet, l'un des préparateurs physiques, comme responsable, on l'écarte et rien ne change. Les relations entre l'encadrement technique et mon directeur sportif sont tendues. Je donne un mois de vacances à Paolo Urfer et rien ne change. Les excuses n'ont pas manqué: les pulls à Aarau, Troillet, puis Urfer. Je suis mécontent de tout ce qui touche le domaine technique. Je ne comprends pas le plaisir que ressentent les joueurs à être la risée du pays.»

» Le manque de caractère. «Le Valais est un lieu de villégiature qui convient parfaitement à nos joueurs. Les feuilles jaunissent, on fait les vendanges, le cadre est parfait. Dimanche, j'ai vu des mauviettes sur le terrain. Zambrotta est champion du monde, il a mis le visage devant le pied d'Adriano lors du derby Milan - Inter pour empêcher un tir. Dès qu'un joueur de Young Boys menaçait de tirer dimanche, les nôtres ouvraient l'hôtel des culs tournés, tous le dos au ballon et si possible loin de sa trajectoire. Nous avons tiré septante coups de coin depuis le début de saison, je n'ai vu personne mettre la gueule où ça fait mal pour marquer.»

» Les expulsions. «Je fous des dizaines de milliers de francs d'amende pour les cartons rouges stupides récoltés depuis le début de la saison et je vois Julien Brellier se faire sortir pour la deuxième fois de la saison. Son statut de remplaçant semblait l'embêter, je l'ai convoqué après le match contre Neuchâtel et je l'ai recadré. Le tout pour le voir prendre deux avertissements en seize minutes. La question de me séparer de lui se pose aujourd'hui (ndlr. Bertrand Fayolle, joueur français, avait été licencié pour ce motif lors de la saison 2000/2001 sous la présidence de Gilbert Kadji).

» Paolo Urfer. «Il est toujours directeur sportif du FC Sion. Je ne suis pas content de lui comme des autres employés du club. La remise en cause de son travail implique du recul, je lui ai donné un mois de vacances. Il reviendra dans un autre rôle. Je ne peux plus lui laisser carte libre sur tous les transferts comme je l'ai fait. Mais il a aussi réalisé de bonnes choses.»

Stéphane Fournier
Le Nouvelliste

Publié par obol à 21:18:31 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (0) |