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Paires et impairs | 26 mars 2008

Bigon (à dr.) et son adjoint, Chassot (à g.), ont encore croisé Jacobacci (petite photo, à g.) et Roessli, virés pour incompatibilité d'humeur.A Tourbillon, Bigon et Chassot remplacent leurs... successeurs! Roessli et Jacobacci ont été limogés hier par Christian Constantin. Les deux hommes paient leurs divergences de vues et des positions devenues inconciliables

Ils devaient symboliser le renouveau du FC Sion. Charly Roessli (47 ans) et Maurizio Jacobacci (45 ans) auraient dû collaborer main dans la main, travailler de concert côte à côte. Depuis hier, ils ne sont déjà plus respectivement manager général et entraîneur du FC Sion. L'ère du premier à la tête du club n'aura duré que 99 jours, celle du second à peine 75 jours. Leur bilan chiffré restera, lui, famélique: 8 points en 9 matches (soit 4 par entraîneur!). Durant leur court passage sur le banc de Tourbillon, les deux rivaux n'auront fait que se tirer dans les pattes. Des divergences d'opinion - et de gestion du groupe - ont abouti à un clash programmé.

La guerre des chefs

Après avoir entendu les réminiscences de l'un et de l'autre durant 45 minutes, Christian Constantin a choisi, hier en début d'après-midi, de se séparer avec effet immédiat de ses deux techniciens, renvoyés ainsi dos à dos. «Maurizio est venu me voir ce week-end, explique le président du FC Sion. Il souhaitait devenir le No 1, ne pouvant plus justifier devant les joueurs et dans les médias des choix qu'il ne cautionnait pas. Convoqué à son tour, Charly m'a dit qu'il se considérait toujours comme le chef, et qu'il refusait de partager le pouvoir.»

Accrochages devant les joueurs

A plus d'une reprise, les deux hommes avaient présenté des analyses et une lecture différente d'un même match. «Lors de nos rares victoires, reprend CC, chacun voulait s'en attribuer les mérites. Et lors de nos nombreuses défaites, chacun voulait faire porter le chapeau à l'autre! Sans parler de leurs accrochages devant les joueurs.» Exit donc Roessli, exit donc Jacobacci, limogés pour incompatibilité d'humeur. On précisera que c'est le premier nommé qui avait chaudement recommandé le second. «Je les ai écoutés et, en voyant leurs positions irréconciliables, je me suis dit que je n'allais pas faire du baby-sitting plus longtemps. Je les ai renvoyés dans le bac à sable pour y poursuivre leurs gamineries!»

Devant l'urgence de la situation, le patron n'a pas tergiversé: il a ressorti Bigon de sa manche, alors même qu'il considérait Il Mister comme un «has-been» trois mois plus tôt pour justifier son limogeage, et refait les équipes. Ce cher Alberto Bigon (61 ans), dont c'est le troisième retour sur le banc, et Freddy Chassot (38 ans), son fidèle adjoint, ont ainsi repris hier déjà des fonctions qu'ils avaient dû quitter avant Noël. «Ils ont accepté de relever le défi mais ils n'iront pas au-delà des 9 derniers matches.» Avant même de désigner leur(s) successeur(s), Christian Constantin entend sauver ce qui doit l'être: un club sportivement en péril. «Il y a le feu à la baraque. Je ne suis pas en train de choisir le carrelage de la piscine et de me la couler douce!»

Nicolas Jacquier
Le Matin

Publié par obol à 15:25:22 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (0) |